Les mythes fondateurs de la connerie humaine

10 janvier 2009

Bernard Tapie

 

 

Les mythes fondateurs de la connerie humaine 

 

 


Qu’elle soit cérébrale ou matérielle, 
la misère est le fondement de la société de l’argent ! 
(Le malade,  l’industrie première.) 

GENS QUI RIENT.  GENS QUI PLEURENT. 

 

 

 

 

 

Bernard Tapie 

Le mythe de la réussite facile 

 

 

Le feuilleton simplet,  de la Jeanne d’Arc des années Mitterrand. 

 

 

Au départ,  le mythe Bernard Tapie est une carotte destinée à faire courir le troupeau d’ânes. 
La réussite de ce personnage mythique est inespérée.  Il est vrai que le comédien fait partie des meilleurs.  Il a été particulièrement bien choisi.  Son casting est idéal. 

Bernard Tapie va bientôt se transformer en âne dont le crottin fait pousser les carottes et,  entretient les salades.  C’est bien avec les carottes et les salades que l’on régale le médiatisé !  Non ? 

 

Les intellectuels s’emparent du pouvoir politique. 
À l’époque,  le Général socialiste,  François Mitterrand  (la rose au fusil)  vient de prendre le pouvoir.  Sont arrivée s’accompagne d’un Gouvernement,  lui aussi,  socialiste. 

Cette arrivée de Mitterrand au pouvoir est présentée comme une grande victoire des intellectuels sur le monde du capital privé.  Tout va changer !  À partir de maintenant,  rien ne sera jamais plus pareil. 

 

Le monde de la finance et du travail productif cesse de respirer. 
La situation présente est nouvelle.  Que va-t-il se passer ?  Là est la question !  Chacun reste dans l’expectative.  Notamment et surtout,  les investisseurs. 
Les investissements sont stoppés.  Les investisseurs attendent de voir venir.  Même les institutionnels n’investissent plus. 

Effectivement,  les nouvelles lois qui tombent font bonne figure dans les journaux.  Mais sur le terrain,  c’est catastrophique.  Sur le terrain,  les lois aboutissent au contraire du but annoncé. 

 

Les intellectuels ne comprennent pas. 
Pourtant !  Les lois sont bien rédigées !  Les lois disent que tout doit aller pour le mieux dans le meilleur des mondes socialistes.  Il n’y a pas de fautes d’orthographes !  Et pourtant,  ça ne marche pas quand même !  Ça,  alors ? 

 

Les journalistes,  eux,  ont bien tout compris. 
Le premier métier d’un journaliste est de se taire.  Sont deuxième est de mentir.  (Tout faire comprendre à des gens qui n’ont pas besoin de savoir.)  Les journalistes ont vite fait de choisir le bon parti.  Celui de l’argent ! 

Il faut dire que les gens qui contrôlent le capital de la dette publique leur ont bien expliqué,  aux journalistes.  Et,  ils ont tout compris,  les journalistes. 

Quel plaisir pour un journaliste étiqueté socialiste,  de gagner le salaire d’un ministre  (ou plus),  de bénéficier d’avantages,  notamment fiscaux,  incommensurables,  cela pour servir les intérêts de gens qui gagnent à multiplier la misère,  qui gagnent à fabriquer des malades,  qui gagnent à générer les désordres.  Ce n’est que du bonheur. 

 

En attendant,  les journalistes se taisent. 
Sur le terrain,  c’est catastrophique.  Les indicateurs sont alarmants.  Tous les voyants sont au rouge.  Faute d’investissement,  les projets s’arrêtent les un après les autres.  Le « Pib »  fait la gueule. 
PIB :  Produit Intérieur Brut,  Dieu de la croissance imbécile.  (Par Produit Intérieur Brut,  on peut imaginer ce qu’on veut.  C’est bon pareil.) 

 

Sur le terrain,  les professionnels qualifiés,  professionnels dont l’activité se situe à l’origine des grandes fabrications s’inscrivent en nombre au chômage.  Si le chômage gagne par le haut,  derrière tout va suivre. 
La machine économique se grippe.  Elle risque de s’arrêter !  Dieu
« Pib » n’est pas content.  Il gueule,  le « Pib » !  Il faut faire quelque chose,  et vite ! 
– Oui !  Mais quoi ? 

Heureusement,  dans notre beau pays,  il y a des gens riches et généreux qui en ont,  eux,  des idées ! 
– On a trouvé !  On va  (…)  créer un mythe ! 

 

Le mythe de l’investisseur qui réalise des milliards,  à coups de francs symboliques. 
Il ne reste qu’à trouver un comédien au casting compatible et mettre les menteurs au turbin.  Tapie va leur faire voir,  à ces cons d’investisseurs,  comment il faut faire pour gagner de l’argent. 

Bernard Tapie  (la carotte pour faire avancer le troupeau d’ânes)  va prendre les choses en main.  Il donne l’exemple.  Tapie va leur montrer,  à ces investisseurs,  que pour gagner de d’argent,  il faut investir.  Et que si les investisseurs n’investissent plus,  ils vont tout perdre. 

 

C’est magique ! 
Les entreprises ne font plus faillite.  Les salariés ne s’inscrivent plus au chômage. 
Super Nanar arrive sur sa tornade blanche.  Pour le franc symbolique,  il rachète les entreprises en perditions.  Il les restructure et les dégraisse aussi,  beaucoup.  (Ici,  on ne parle plus de licenciement ni de chômage.) 

Miraculeusement,  les carnets de commandes se remplissent et le Saint-Sauveur revend les entreprises au prix fort,  en faisant au passage un bénéfice considérable. 
La recette est simple.  Y-a plus qu’à ! 

 

Super nanar est l’invité privilégié des meilleures émissions de télé. 
Il explique,  Super nanar,  comment on gagne de l’argent !  Mes collaborateurs en gagnent beaucoup.  Ils sont très riches.  C’est normal !  Ils travaillent 16 à 18 heures par jour. 
Ah !  Le socialisme,  ça a du bon !  Comment n’y a-t-on pas pensé plus tôt ! 
À l’époque d’ailleurs,  dans tous les milieux commerciaux,  le slogan imposé :  « Quand on travaille,  on gagne de l’argent »  fait valeur de mot de passe. 

 

Une légende,  un comédien 
Le personnage Tapie est un mythe,  le mythe de la réussite facile.  Il faut distinguer la légende et le comédien. 
Il va de soi que dans une parodie de « milliardaire dirigeant de multinationales »,  on n’a jamais demandé au comédien de savoir réellement diriger de pareilles entreprises. 
Heureusement !  Diriger une entreprise,  cela demande de la compétence,  du temps,  du travail aussi.  Et,  c’est très compliqué.  Ce n’est pas le job d’un comédien ! 

Inversement,  un vrai financier ne fait pas l’affaire.  Le discours technique d’un austère financier n’intéresserait personne.  C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le cinéma exclut les techniciens.  (Qu’ils soient de la finance ou autres.) 

 

Le boulot du comédien est de faire le singe et des grimaces. 
Ce que l’on demande à Super nanar,  c’est de monter ou de descendre de son avion,  éventuellement de sa voiture,  de rajuster sa cravate ou de se passer la main dans les cheveux devant les journalistes,  en énonçant en deux mots l’histoire du jour.  Cela,  dans un langage très peuple accessible à la totalité du nombre.  Rien d’autre ! 
Ensuite,  les journalistes se débrouillent avec l’épisode imposé du feuilleton. 

 

Mythe de la réussite oblige,  Super nanar fait des miracles. 
Mais,  derrière lui,  il dispose de vrais spécialistes pour lui « arranger ses costars ». 

Quant à l’argent ?  De l’argent,  la légende Tapie,  mythe de la réussite,  n’en manque pas.  C’est évident.  Et cet argent,  il n’est pas nécessaire de chercher pour deviner d’où il provient. 

 

Une ombre au tableau 
Lors d’une interview improvisée dans une soirée de fête,  notre milliardaire de légende laisse entrevoir que finalement question tune,  le comédien aurait gagné davantage de millions en faisant du cinéma au cinéma.  Allez comprendre ? 

 

Le mythe « Tapie » va en piéger plus d’un.  (Des plus grands aux plus petits !) 
Bernard Tapie est loin d’être un vrai patron de multinationales.  Mais,  ça marche.  Le comédien est un parfait comédien. 
Que l’on soit le plus « intelligent » des patrons ou le plus « crétin » des laissés pour compte,  le mythe Tapie fonctionne à merveille. 

 

Un mythe ne peut que fonctionner. 
– « Plus un individu est éloigné des valeurs qu’il considère comme un idéal,  plus il se regarde dans cet idéal. » 
– « Est-il possible de ne pas croire en l’idéal dans lequel on se regarde ? » 
(Consulter aussi la définition du dictionnaire.) 

 

En attendant,  Super nanar est sur les rails et la locomotive va bon train. 
Oui !  Mais là encore,  il faut distinguer la légende et la réalité.  Si,  image de la réussite oblige,  la locomotive va bon train,  en revanche,  derrière,  ça déraille pas mal dans les wagons. 

 

Beaucoup ne comprennent pas. 
Ils ont bien tout fait comme nanar a dit.  Ils ont investi jusqu’à leur dernier sou.  Ils se sont investis eux mêmes.  Ils ont emprunté.  Ils ont beaucoup travaillé  (enfin peut-être). 
Comme Tapie,  ils ont dit qu’ils étaient les meilleurs.  Ils ont dit que si les autres ne réussissaient pas,  c’est parce qu’ils manquaient de courage et qu’ils étaient mauvais. 

Et voilà !  Ça ne marche pas ! 
Ce sont eux qui font faillite et ce sont eux qui se ramassent dans les tribunaux. 

 

C’est l’injustice la plus absolue ! 
Super nanar va devoir les accompagner. 
Expliquer,  et encore expliquer !  De la même façon qu’en gériatrie,  une infirmière accompagne les mourants,  Tapie va accompagner ceux qu’il a piégés.  Il va encore et toujours expliquer ce qu’il faut dire,  ce qu’il faut faire,  quand on est injustement assigné en justice. 

Dans toutes les configurations judiciaires,  il va apparaître,  le nanar.  Il n’échappera qu’aux Assises.  Tapie se bat,  se défend,  attaque,  fait appel,  va en cassation. 
Finalement la légende Tapie sera condamnée à de la prison ferme. 
Super nanar se rend à la prison.  (Sans passer par la case départ,  enfin peut être !  Nanar est un tricheur !) 

Les mauvaises langues,  on n’y échappe jamais,  racontent que le nanar arrivait à la prison le soir avant 22 heures en BMW avec chauffeur.  Et que la voiture revenait le chercher le matin à 6 heures. 
C’est un malin,  ce nanar !  Le chauffeur était obligé de se payer l’hôtel pendant que lui,  nanar,  trouvait encore le moyen de se faire héberger à l’œil,  par une bande de copains sympas. 

Ça,  c’est ce que racontent certains.  Des scénarios qui vont bien aussi,  on peut en imaginer d’autres.  Je suis à disposition.  N’est-ce pas,  Monsieur GARRETTA ?  (L’affaire du sang frelaté.) 

Finalement,  les meilleures choses ont toujours une fin.  Lors de sa sortie de prison,  à la meute de journalistes qui l’attendent comme à la sortie de la messe,  Tapie déclare :  « D’accord !  J’ai fait de la prison.  Mais,  c’est normal !  J’avais fait des conneries ». 
Les baisés,  comptez-vous ! 

 

 

Conclusion 

Bernard Tapie,  le principe de :  « Jacques a dit ! » 

 

 

Sans support mythique,  une information technique ne passe pas. 
Le discours n’intéresse personne.  L’information n’est pas suivie.  Pire !  Le public risque de réfléchir et de déceler l’intox.  Chaire CHACAL and Co courent à la faillite. 

En revanche,  suivant le principe de « Jacques a dit »,  lorsque l’on prononce « Bernard Tapie »,  les oreilles se dressent,  le public est attentif.  L’intoxication cérébrale passe. 

 

Çà !  C’est de l’information ! 
Les sujets les plus mensongers ou les plus austères comme :  « L’économie,  l’industrie,  le commerce,  le social,  la justice,  etc. »  deviennent intéressants jusqu’à provoquer des débats passionnés dans le public lui-même. 

Dans la réussite ou dans l’échec,  Bernard Tapie est tout à la fois la référence,  le modèle,  l’unité de mesure,  le bouc émissaire qui permet à chacun de se situer,  d’être ou de paraître.  Merci nanar ! 

 

 

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